Da Lucrezia Osteria : l’Italie gourmande dans un lieu chargé d’histoire
À peine la porte franchie, l’atmosphère transporte immédiatement ailleurs. Chez Da Lucrezia Osteria, les voix se mêlent aux notes de musique italienne, les verres tintent doucement, et les parfums de pecorino, de basilic et de sauce mijotée annoncent déjà la promesse d’un voyage gourmand. Ici, on vient bien sûr pour manger, mais surtout pour partager, rire, trinquer… et souvent rester un peu plus longtemps que prévu.
Le nom du restaurant rend hommage à Lucrezia Borgia, figure fascinante de la Renaissance italienne. Longtemps caricaturée par l’histoire, la duchesse de Ferrare était avant tout une grande amatrice d’art et de convivialité, réunissant artistes et penseurs autour de banquets mémorables. Son portrait trône aujourd’hui au fond de la salle : regard assuré, allure fière, subtilement sensuelle. Une présence qui incarne parfaitement l’esprit du lieu — chic, libre et décomplexé.
Une adresse mythique qui renaît

C’est dans un décor chargé d’histoire que Da Lucrezia Osteria a choisi de s’installer. L’établissement prend place dans l’ancien Grand Venise, institution italienne emblématique de la capitale. Après plus d’un siècle d’existence et deux années de fermeture, le lieu renaît aujourd’hui grâce à l’impulsion de son nouveau propriétaire Christophe Poligani, désireux de redonner vie aux grandes traditions culinaires italiennes dans un esprit contemporain.

Le décor, entièrement repensé par Studio B, a su préserver l’âme du lieu. Les chaises en bois gravées côtoient des banquettes tapissées, les boiseries patinées dialoguent avec des luminaires de Murano, tandis qu’une toile ancienne de Venise, chinée chez un brocanteur, rappelle l’histoire du restaurant.
À l’entrée, une imposante meule de pecorino attire immédiatement le regard. Comme une promesse silencieuse de ce qui attend les convives.
Avec une cinquantaine de couverts, l’atmosphère reste intime, chaleureuse et animée, idéale pour un déjeuner gourmand ou un dîner qui s’étire dans la douceur parisienne.
La cuisine napolitaine en héritage

Aux commandes de la cuisine, Francesco (chef napolitain), un chef napolitain passé par le célèbre Big Mamma Group. Né à Naples, il découvre très jeune les gestes de la cuisine familiale auprès de sa grand-mère. Dès l’âge de dix ans, il apprend notamment à travailler le pecorino à la meule, un savoir-faire qu’il perpétue aujourd’hui avec passion.
Sa philosophie est simple : respecter les grandes recettes italiennes tout en leur apportant une touche de modernité.

Mais s’il y a une spécialité qui fait battre le cœur de la maison, ce sont les pâtes. Généreuses, parfaitement al dente, elles se déclinent en agnolotti à la ricotta, carbonara ou cacio e pepe. Certaines sont flambées à la grappa directement dans la meule de pecorino, un véritable spectacle puisque le chef vient régulièrement en salle réaliser la préparation sous les yeux émerveillés des convives.
La carte réserve également quelques surprises gourmandes : une zucca rôtie accompagnée de stracciatella des Pouilles, de noisettes du Piémont et d’herbes sauvages, ou encore le Vitello Tonnato Di Lucrezia, veau finement tranché, relevé de câpres frits, marjolaine et verveine. Les gnocchi alla sorentina, fondants et parfumés au basilic frais, complètent cette partition gourmande.
L’Italie dans le verre

Impossible de parler d’Italie sans évoquer le vin. La carte a été confiée à Gwilherm de Cerval, ancien sommelier du Hôtel Ritz Paris et du Le Royal Monceau. Il propose ici une sélection entièrement italienne, accessible mais pointue, capable de séduire autant les amateurs avertis que les curieux.
Derrière l’élégant bar en zinc imaginé pour la réouverture, quelques influences corses viennent également enrichir la carte des cocktails et digestifs, clin d’œil aux origines du propriétaire.
Au fond, Da Lucrezia Osteria célèbre avant tout l’essentiel : la passion de la table et le plaisir d’être ensemble.
Comme les banquets de Lucrèce Borgia, les repas y sont vivants, généreux et joyeux. Une adresse où l’on cultive le goût des bonnes choses sans prétention, mais avec un sens aigu du détail et de l’hospitalité.
Et où, très souvent, la soirée se prolonge bien après le dessert.