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Jeffrey Quetin insuffle un nouvel élan à Vendémiaire

Vendémiaire : nouvelle ère, même passion

À deux pas des Invalides, Vendémiaire entame une mue attendue avec l’arrivée du chef Jeffrey Quetin. L’exercice est délicat : faire évoluer une adresse de quartier déjà bien installée sans en trahir l’ADN. Le pari est, à ce stade, intelligemment tenu.

Dès l’accueil, assuré par Vendémiaire Nadd-Mitterrand, le ton est donné : chaleureux, direct, sans artifice. Une hospitalité sincère qui tranche avec certaines tables parisiennes trop formatées.

Une partition classique, subtilement ajustée

La carte revendique un ancrage fort dans le répertoire français. Ici, pas de démonstration inutile : on joue juste, avec précision.

Les huîtres, impeccablement fraîches, ouvrent le bal avec netteté. Les œufs mayonnaise à l’estragon séduisent par leur équilibre — une sauce bien montée, herbacée sans excès. Quant au croque-monsieur à la truffe, il assume pleinement sa gourmandise : riche, enveloppant, presque décadent — à partager… ou à garder jalousement.

Des assiettes qui affinent le propos

En plats, Jeffrey Quetin affirme davantage sa signature.

Les Saint-Jacques, épinards et sauce aux agrumes illustrent une recherche d’équilibre réussie : la douceur du coquillage est réveillée par une acidité maîtrisée, sans jamais basculer dans la démonstration.

Plus audacieux, les gnocchis aux poires et noix jouent la carte du contraste. Le sucré-salé, souvent périlleux, est ici traité avec retenue, même si l’ensemble gagnerait encore en tension.

Une gourmandise assumée jusqu’au bout

Les desserts confirment l’orientation : celle d’un plaisir franc, sans détours.

La mousse au chocolat va à l’essentiel — texture juste, intensité maîtrisée. La brioche perdue, elle, s’impose comme un moment de pur réconfort, généreuse sans être lourde.

Une adresse qui trouve son équilibre

On saluera également l’intelligence de l’offre comptoir rapide (plat, verre de vin, café à 25€), pensée pour capter une clientèle de quartier sans sacrifier l’exigence culinaire — un positionnement cohérent et bienvenu dans le paysage parisien.

Vendémiaire ne cherche pas à révolutionner la gastronomie, et c’est précisément là sa force. L’adresse affine son discours, gagne en justesse et en cohérence. Jeffrey Quetin signe une cuisine lisible, appliquée, qui devrait encore gagner en personnalité avec le temps.

Une table en transition, déjà solide, et prometteuse.

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