Avançar para o conteúdo
Início » Le Goût du Large, la haute cuisine au rythme du littoral

Le Goût du Large, la haute cuisine au rythme du littoral

Jonathan Selliez, la mer en héritage, le goût en partage

Face au littoral normand, Le Goût du Large cultive une gastronomie d’auteur aussi précise que sensible. Aux commandes, le chef Jonathan Selliez puise dans les ressources de la mer et du terroir local pour composer une cuisine contemporaine, délicate et profondément personnelle. Une table où chaque assiette raconte un paysage, un produit, un geste — et une histoire de famille.

 

En léger retrait de l’agitation du port, Le Goût du Large se dévoile dans un écrin contemporain, élégant et intimiste. Face au littoral normand, le chef Jonathan Selliez y signe une cuisine d’auteur subtile et exigeante, profondément inspirée par son environnement. Produits de la mer d’une grande fraîcheur, végétal de saison et gestes précis composent des assiettes où la pureté du produit rencontre une écriture résolument contemporaine.

Ici, la mer n’est jamais très loin.

Elle est dans le nom du restaurant, dans les produits qui arrivent en cuisine, dans les inspirations du chef et jusque dans cette lumière particulière qui traverse Le Tréport. Une présence discrète mais constante, que Jonathan Selliez traduit sans jamais chercher à la surjouer.

Sa cuisine se découvre comme un paysage : par touches successives, avec la fraîcheur d’un poisson, le croquant d’un légume, la profondeur d’un jus, la délicatesse d’une cuisson. Rien n’est laissé au hasard, mais rien ne semble forcé.

C’est une cuisine de précision, de saison et de sensibilité.

Un retour aux sources

Avant Le Tréport, il y a Lille.

Jonathan Selliez est originaire de la capitale des Flandres et y effectue son parcours professionnel, du CAP jusqu’au BTS, à l’école Michel Servet. Une formation qui lui donne les bases techniques de son métier, mais dont l’histoire ne pouvait se terminer dans sa ville natale.

Car le choix du Tréport répond à une histoire beaucoup plus intime.

« L’envie de venir ici, c’est une promesse que j’ai faite à mon père avant qu’il décède : ouvrir un restaurant au Tréport, dans sa ville natale. »

Une phrase qui donne une autre profondeur à l’adresse.

Enfant, Jonathan venait régulièrement ici avec sa famille. Le Tréport était le décor des vacances, des souvenirs et des retrouvailles. Des années plus tard, le chef y revient pour y écrire un nouveau chapitre.

Le restaurant devient alors plus qu’une adresse professionnelle : une manière de tenir une promesse et de renouer avec un territoire auquel sa famille est profondément attachée.

Aujourd’hui, cette histoire se poursuit également avec sa mère, qui travaille à ses côtés, ainsi qu’avec son cousin, directeur de salle de la brasserie familiale installée sur le quai.

Une aventure familiale qui donne au Goût du Large une âme particulière.

La mer comme signature

Dans l’assiette de Jonathan Selliez, la mer occupe naturellement une place centrale.

« On est sur une cuisine plutôt végétale et marine, axée sur les produits de la mer, locaux, les produits de pêche à la ligne, les petits crustacés, les casiers. On fait vraiment attention à notre environnement. »

Cette proximité avec le littoral n’a rien d’artificiel.

Elle est avant tout géographique, mais aussi profondément culinaire.

Le chef travaille notamment avec des bateaux de pêche du Tréport et accorde une attention particulière à la qualité et à la provenance des produits. Le poisson devient ainsi une matière première privilégiée, travaillée avec une approche qui cherche à préserver son identité.

Jonathan Selliez aime également la viande. Mais dans ce paysage maritime, il trouve dans les produits de la mer un terrain d’expression plus vaste.

« Comme on est sur le bord de mer, c’est un plus grand plaisir de travailler les produits de la mer que les produits de la viande. »

Une évidence qui devient, au fil des menus, une véritable signature.

Le produit avant tout

Au Goût du Large, les menus à l’aveugle évoluent avec les saisons et les arrivages.

Cette liberté permet au chef de construire sa cuisine autour de ce que le territoire offre au meilleur moment.

La démarche privilégie les produits frais, les pêcheurs et les producteurs locaux, avec une attention particulière portée aux cuissons, aux textures et à l’équilibre.

Dans l’assiette, la sophistication ne prend jamais le pas sur le produit.

Le geste est précis, mais discret.

Un poisson parfaitement nacré. Une sauce qui accompagne sans masquer. Un légume travaillé avec finesse. Une acidité maîtrisée pour réveiller l’ensemble.

Tout semble pensé pour laisser la matière première s’exprimer.

La précision comme signature

L’œil est immédiatement attiré par le dressage.

Les légumes sont taillés avec une grande minutie, les brunoises dessinent des lignes délicates, les différents éléments trouvent leur place avec une précision presque architecturale.

Mais cette recherche esthétique ne constitue jamais une fin en soi.

Elle accompagne le goût.

Lors d’un déjeuner, le haddock s’impose comme l’un des temps forts du menu. La cuisson de la chair est précise, sa texture conserve toute sa délicatesse et le petit pois apporte une dimension végétale, fraîche et légèrement sucrée.

L’ensemble trouve son équilibre dans un assaisonnement maîtrisé.

Une assiette qui illustre bien la cuisine du chef : lisible, raffinée et techniquement exigeante, sans jamais devenir démonstrative.

« Je m’exprime à travers mes assiettes »

Il y a pourtant une dimension que l’on ne devine pas immédiatement en découvrant cette cuisine.

Jonathan Selliez est un homme discret.

Très discret.

« Je suis un grand timide. »

Le chef sourit lorsqu’il le reconnaît.

Et puis il explique :

« Je m’exprime à travers mes assiettes. »

La phrase pourrait presque servir de manifeste au Goût du Large.

Car ce que Jonathan dit peu, ses assiettes le racontent avec beaucoup plus d’éloquence.

Elles parlent de son rapport au produit, de son attachement à la mer, de son goût pour la précision, de son exigence et de sa volonté de construire une identité qui lui soit propre.

« Je n’aime pas me dévoiler. Donc je me dévoile dans mes assiettes. »

Une confidence qui éclaire autrement sa cuisine.

Derrière la rigueur du dressage et la maîtrise technique apparaît une dimension plus intime : celle d’un chef qui a choisi la cuisine comme moyen d’expression.

Une cuisine entre végétal et marin

Si le poisson occupe une place privilégiée, le végétal joue un rôle tout aussi essentiel.

Les légumes ne sont pas de simples accompagnements. Ils participent pleinement à la construction des assiettes, apportant fraîcheur, texture, couleur et parfois une douceur qui vient équilibrer la puissance iodée des produits de la mer.

Le travail de taillage témoigne de cette attention.

Chaque brunoise, chaque élément végétal semble avoir été pensé pour apporter quelque chose à l’ensemble.

Cette approche donne aux menus une certaine légèreté.

La cuisine de Jonathan Selliez ne cherche pas l’opulence. Elle préfère la justesse.

Du côté des douceurs

Le voyage se poursuit naturellement avec les desserts.

La fraise apporte sa fraîcheur et sa délicatesse, tandis que la pêche compose une autre variation autour du fruit et de la saison.

Là encore, le chef privilégie l’équilibre.

Le dessert vient conclure le repas sans alourdir l’expérience, dans une continuité de textures et de saveurs qui rappelle la philosophie générale de la maison.

Du premier amuse-bouche à la dernière bouchée, le fil conducteur reste le même : précision, fraîcheur et élégance.

Une clientèle qui vient de loin

Si Le Tréport vit au rythme de ses habitants, la station connaît également une importante fréquentation touristique.

La ville compte environ 4 000 habitants à l’année, mais sa population augmente considérablement pendant les périodes de vacances.

Le Goût du Large accueille ainsi une clientèle qui dépasse largement le cercle local.

Parisiens venus passer le week-end, habitants du Nord ou de Reims, propriétaires de résidences secondaires sur la côte : certains font du restaurant une destination à part entière.

On vient au Tréport pour le paysage, les falaises, l’air marin et le charme du littoral.

On vient aussi désormais au Goût du Large pour découvrir la cuisine de Jonathan Selliez.

Une adresse, deux expressions

À quelques pas, la brasserie familiale propose une expérience différente.

L’atmosphère y est plus décontractée, la cuisine davantage tournée vers le partage, mais l’approvisionnement reste étroitement lié au territoire.

« On travaille toujours avec des bateaux de pêche du Tréport. »

La différence entre les deux établissements tient donc moins à leur attachement au terroir qu’à leur manière de le raconter.

Au Goût du Large, le produit devient gastronomie.

À la brasserie, il se fait plus immédiat, plus convivial.

Deux écritures pour une même histoire familiale.

L’ambition d’une étoile

Le chef ne cache pas ses ambitions.

Déjà engagé auprès de plusieurs institutions et réseaux professionnels, notamment Maître Restaurateur, le Collège Culinaire de France, les Toques Normandes et les Disciples Escoffier, Jonathan Selliez regarde désormais vers une distinction particulièrement convoitée.

« Le Graal, ce serait l’étoile. »

L’étoile Michelin.

Une ambition assumée, mais exprimée avec la même retenue que le reste.

Le chemin est encore long, mais la direction est claire.

Continuer à travailler le produit, affiner les cuissons, perfectionner les dressages, développer une identité et surtout rester fidèle à cette cuisine de la mer et du végétal qui fait aujourd’hui la personnalité du Goût du Large.

Le goût d’un territoire

À la table de Jonathan Selliez, la Normandie ne se résume pas à une carte postale.

Elle se goûte.

Dans la fraîcheur d’un poisson débarqué à proximité. Dans la finesse d’un légume de saison. Dans une sauce qui évoque les profondeurs marines. Dans une acidité qui rappelle la vivacité du littoral.

Le paysage environnant semble ainsi prolonger naturellement l’assiette.

Les falaises du Tréport, la lumière changeante, le vent, l’Atlantique : tout ce qui constitue l’identité du lieu nourrit, directement ou indirectement, l’imaginaire du chef.

Mais Jonathan Selliez ne cherche pas à reproduire le paysage.

Il l’interprète.

Une cuisine qui lui ressemble

Il existe une élégance particulière dans les cuisines qui ne cherchent pas à parler plus fort que nécessaire.

Celle de Jonathan Selliez est de cette famille.

Elle avance avec précision, sans effets superflus. Elle privilégie la qualité du produit, la justesse des cuissons et l’équilibre des compositions. Elle puise dans la mer sans jamais oublier le végétal. Elle revendique son territoire sans tomber dans le folklore.

Et surtout, elle porte une histoire.

Celle d’un enfant de Lille revenu au Tréport pour tenir une promesse faite à son père.

Celle d’un chef qui a trouvé dans le littoral normand un terrain d’expression à la hauteur de ses ambitions.

Celle d’un homme discret qui, plutôt que de se raconter, préfère laisser parler ses assiettes.

Au Goût du Large, chaque menu devient ainsi une invitation à découvrir une Normandie contemporaine, sensible et élégante.

Une cuisine où la mer n’est pas seulement un horizon.

Elle est une inspiration. Une mémoire. Et désormais, la signature d’un chef.

4 Place Notre Dame, 76470 Le Tréport